Ca caille !






Pendant cette semaine (20-27 octobre), certains sites se sont mis "en grève" pour protester contre l'arrêt des "Chroniques de Cybérie", et partant, pour stigmatiser la dérive mercantile du net. Une pétition à signer est fournie avec.

Ce genre d'attitude me rappelle celle des allemands en 1945 : "comment aurions nous pu imaginer cela ?".
Soyons sérieux, il est évident et depuis longtemps, que le degré de liberté sur le net est intimement lié à la solvabilité de l'internaute. Lors de mes débuts dans ce monde merveilleux, j'eus des discussions avec le webmestre de feue "La Rafale" d'où il ressortait que la mainmise du commerce sur l'Internet allait croître et que cela était inéluctable. J'ai personnellement écrit dans "Uzine" quelques articles allant dans ce sens, mais j'ai vite arrêté, me lassant de prêcher les convaincus.

Car il y a une contradiction fondamentale à protester contre la dérive mercantile alors que l'on est soi-même un consommateur acharné d'interneteries en tout genre. C'est l'industrie qui, effectivement, fait marcher le réseau - car Netscape n'est pas un philanthrope, et encore moins Microsoft -, que ce soient les fabricants de softs ou les providers qui eux-mêmes utilisent des serveurs (donc du hard) tandis que les internautes se précipitent sur les configurations matérielles et logicielles les plus récentes - et les plus puissantes. Il faut être un peu cohérent ... Dans un même registre, comment peut-on protester contre l'énergie nucléaire quand on est confortablement éclairé et chauffé par la dite énergie ? Mais il est vrai qu'on peut difficilement se passer d'électricité. On y reviendra ...

De surcroît, les pétitions, même si elles sont moralement satisfaisantes, sont en général d'une utilité proche du zéro, quand elles ne sont pas un prétexte à se donner bonne conscience à peu de frais ... Songeons aux pétitionnaires professionnels, BHL en tête, s'insurgeant parisiennement à intervalles réguliers contre la guerre en Bosnie, alors que les massacres continuaient dans la joie et la bonne humeur sous l'oeil amorphe de la force PRONU.
Alors que faire ? Comme le temps n'est plus aux révolutions (contre quoi, d'ailleurs ?), ne reste plus qu'une arme : le boycott. Alors qu'il n'est pas envisageable de boycotter EDF, surtout maintenant que l'hiver approche, le faire sur l'Internet serait d'un rapport fort intéressant, les principaux acteurs financiers ne vivant que du surfing, de l'échange d'informations, et de l'utilisation de la bande passante en général.

Et là, on verrait les accros revendicatifs au pied du mur .... Mais on nage en plein délire ; rêver d'un internaute responsable, qui ne contenterait plus de signer une liste, mais qui renoncerait, ne fusse que momentanément, à son hobby préféré, pour soutenir une cause qu'il estime juste, et , ce, avec une petite chance de réussite ...



Oui, mais le fond de l'air est frais ...



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