L'argument des promoteurs de ce genre de loi est de nature représentativiste : 50% de femmes dans la population (52 %, même), donc 50% de représentation , c.a.d 50% d'élus ou éligibles. On peut se demander si ces sortes de pratiques sont bien démocratiques sur le fond (ce que je ne pense pas). Plus classiquement, on peut répondre qu'on ne voit pas pourquoi la seule différence homme/femme serait représentative. Après tout, les nains sont sous-représentés au parlement. De ce fait, on pourrait imaginer une représentation par tranche de taille (voire d'âge). Ou protester contre la sur-représentation des chauves (il est vrai qu'en cas de parité sexuelle, cette sur-représentation s'atténuera). Evidemment, on me dira que ce sont des exemples grotesques et que la discrimination que subissent les femmes, ce n'est pas du tout la même chose. Mouais ... Je flaire plutôt des relents de bonne-mauvaise conscience là-dessous...
Mais en fait le vrai problème n'est pas là. Si on continue sur cette voie (celle des idées bien sympathiques à priori), on pourrait aussi établir des quotas sur des bases sociales et/ou ethniques. On pourrait légitimement demander à ce que la représentation des maghrébins, africains ou tamouls (par exemple) soit assurée. Du genre : il y a, disons, 5% de la population en France qui est maghrébine ou d'origine maghrébine, 5% des députés doivent l'être aussi. Tout ceci peut sembler bel et bon, mais ça peut nous entraîner très loin, si l'on tient compte de la réversibilité de ce genre d'arguments. En effet, dans ces conditions, que répondre à un Le Pen qui fulmine contre le "lobby juif des médias" (dans sa tête, la sur-représentation des juifs dans les médias) ?